Santé animale

Parasitisme interne des bovins :
strongles, douves, coccidies

Par l'équipe Rumicore • Mis à jour mai 2026 • Lecture : 8 min

Le parasitisme interne est une cause majeure de pertes économiques en élevage bovin, souvent sous-estimée car les effets sont insidieux : baisse de croissance, réduction de la production laitière, mauvaise conversion alimentaire, immunodépression. Dans les élevages allaitants au pâturage, les pertes liées aux strongles gastro-intestinaux peuvent dépasser 50 à 100 € par animal et par an.

Les principaux parasites des bovins

Les strongles gastro-intestinaux

Les strongles sont des vers nématodes qui parasitent le tube digestif des bovins. Les espèces les plus pathogènes sont :

Les jeunes bovins (< 2 ans) sont les plus sensibles. Les adultes développent une immunité relative après plusieurs saisons de pâturage.

La grande douve du foie (Fasciola hepatica)

La grande douve est un trématode (ver plat) qui parasite les canaux biliaires du foie. Son cycle passe par un hôte intermédiaire : la limnée tronquée, un mollusque aquatique des zones humides. La contamination se fait par ingestion de métacercaires sur l'herbe des zones marécageuses.

Zones à risque : Pâtures humides, bords de cours d'eau, zones de débordement. La sécheresse printanière puis les pluies d'automne créent les conditions optimales à la prolifération des limnées.

La petite douve (Dicrocoelium dendriticum)

Moins pathogène que la grande douve, la petite douve passe par une fourmi comme second hôte intermédiaire. Elle provoque une cholangite chronique, surtout visible à l'abattoir (foie saisi). Traitement : nétobimin ou albendazole à forte dose.

La cysticercose (Cysticercus bovis)

Le Cysticercus bovis est le stade larvaire du ténia humain Taenia saginata. Les bovins s'infestent par ingestion de proglottis sur les pâtures souillées par des matières fécales humaines (stations d'épuration, boues de ville). Les kystes se localisent dans les muscles et le cœur. La viande fortement infestée est saisie à l'abattoir. Prévention : traitement des eaux usées, hygiène des épandages.

Les coccidies (Eimeria spp.)

Les coccidies sont des protozoaires parasites de l'intestin grêle et du gros intestin. Elles touchent essentiellement les veaux de 3 semaines à 6 mois. Les symptômes : diarrhée profuse souvent hémorragique, déshydratation, mort possible chez les veaux affaiblis. Traitement : diclazuril (Vecoxan®) ou toltrazuril (Baycox®).

Diagnostic et suivi parasitaire

MéthodeParasite détectéCoût approximatif
Coproscopie (fèces)Strongles, coccidies5-15 €/animal
Coprologie quantitative (McMaster)Strongles (OPG)10-20 €/pool
Sérologie ELISA lait/sangFasciola hepatica2-5 €/animal en pool lait
Sérologie Ostertagia (pepsinogène)Ostertagiose8-12 €/animal
Inspection abattoir (foies)Fasciola, petite douveGratuit (retour info)

Bon à savoir : Analyser des pools de 10-15 fèces collectées en prairie (ou en bâtiment) plutôt que des individus. Un OPG (oeufs par gramme) > 200-300 pour les strongles justifie un traitement collectif.

Stratégies de traitement raisonné

Les antihelminthiques disponibles

Prévenir la résistance aux anthelminthiques

La résistance aux benzimidazoles et aux lévamisoles est en progression en Europe. Pour la limiter :

Gestion du pâturage pour réduire la pression parasitaire

Optimisez la ration de vos bovins au pâturage

Un animal bien nourri résiste mieux au parasitisme. Rumicore vous aide à calculer les apports UFL/PDI à l'herbe et à compléter avec des concentrés si nécessaire.

Calculer la ration →