Gestion des fourrages

Enrubannage et conservation
des fourrages : guide pratique

Par l'équipe Rumicore • Mis à jour mai 2026 • Lecture : 8 min

La conservation des fourrages est une étape clé entre la récolte et l'auge. Des fourrages mal conservés perdent 20 à 40 % de leur valeur nutritive, peuvent être refusés par les animaux et entraîner des problèmes de santé (listériose, mycotoxines). Foin, ensilage, enrubannage : chaque technique a ses avantages, ses contraintes et ses points de vigilance.

Le foin : séchage et stockage

Principe et conditions de réussite

Le foin est obtenu par séchage naturel (au sol, en andains) jusqu'à une teneur en matière sèche de 85 à 87 %. En dessous de 80 % MS, le foin moisit au stockage. Au-dessus de 88 %, il s'effrite et perd des feuilles riches en protéines.

Les facteurs déterminants :

Pertes au séchage

Le séchage au champ provoque des pertes inévitables. Pour les limiter :

Valeur nutritive du foin : Un bon foin de prairie récolté au stade début épiaison contient 0,72-0,75 UFL/kg MS et 65-70 g PDI/kg MS. Un foin tardif (pleine floraison) descend à 0,60-0,65 UFL/kg MS.

L'ensilage : fermentation lactique

Principe de la conservation par acidification

L'ensilage repose sur une fermentation lactique en anaérobiose : les bactéries lactiques naturellement présentes sur la plante transforment les sucres en acide lactique, ce qui abaisse le pH à 4-4,5 et inhibe les micro-organismes pathogènes (Listeria, Clostridium, moisissures).

Conditions d'un bon ensilage

L'ensilage d'herbe : points de vigilance

L'herbe est plus difficile à ensiler que le maïs car sa teneur en sucres est plus faible et son pouvoir tampon plus élevé. Recommandations :

Risque Listeria : Un ensilage mal tassé, ouvert en surface ou taupé peut développer Listeria monocytogenes. Les animaux gestants (vaches en fin de gestation) sont particulièrement sensibles : avortements en série possibles. Ne jamais distribuer un ensilage avancé ou moisi.

L'enrubannage : la solution intermédiaire

Principe et avantages

L'enrubannage consiste à presser de l'herbe légèrement pré-fanée (50-65 % MS), à la botteler en balles cylindriques, puis à les enrubanner immédiatement avec un film étirable plastique (6 à 8 couches minimum). La fermentation est plus limitée que dans un silo grâce à la teneur en MS élevée, mais l'anaérobiose du film empêche les moisissures.

Avantages :

Les points critiques de l'enrubannage

Point critiqueConséquence si mal géré
MS < 40 % MS au bottageFermentation butyrique, échauffement, refus
MS > 75 % MS au bottagePas de fermentation → risque de moisissures
Moins de 6 couches de filmEntrée d'air, moisissures sur les flancs
Film percé non réparéDéveloppement Listeria, toutes les bactéries pathogènes
Balles en contact avec le sol humideCorrosion du film par la base
Stockage > 12-18 moisDégradation du film UV, perte de valeur nutritive

Conservation et utilisation

Valeur nutritive de l'enrubannage : Un enrubanné d'herbe prairie récolté au stade début épiaison à 50-55 % MS contient en moyenne 0,85-0,90 UFL/kg MS, soit 10-15 % de plus qu'un bon foin du même lot.

Intégrez vos fourrages conservés dans vos rations

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